Page extraite du site http://www.soloceans.com/

Au-delà de l'aspect sportif, les organisateurs de la SolOcéane ont conçu dès leur origine les Veolia Oceans® comme des voiliers OceanoScientific Veolia®, pour que chaque euro investi dans la SolOcéane participe à la découverte scientifique de notre planète, pour sa préservation au service de l'humanité.
Les scientifiques du monde entier modélisent l'évolution du climat pour déterminer précisément les causes et les conséquences de son réchauffement, mais les données scientifiques validées efficacement font cruellement défaut. La technologie d'observation satellite en ce domaine est d'une très grande aide, car elle permet de surveiller l'ensemble des océans de façon quasi permanente et synoptique, mais le nombre de paramètres ainsi accessibles demeure limité. Pour valider l'exactitude des instruments qui équipent les satellites, les données satellitaires obtenues doivent être comparées à des mesures effectuées in situ. Toutefois, ces informations in situ sont : soit très inégalement réparties avec, notamment, peu de mesures dans l'hémisphère sud (40 % du parcours de la SolOcéane) ; soit trop peu nombreuses ; soit pas assez fréquentes.
Dans ce contexte, une flotte de voiliers tous identiques : les Veolia Oceans®, sillonnant tous les ans dès 2009 des contrées peu explorées où se joue notre avenir climatique, au sud des trois caps continentaux, peut servir au profit de l'humanité pour mieux comprendre notre planète et donc pour mieux la protéger.
La conception et la réalisation des outillages de coque, de quille et de mât du Veolia Oceans® intègrent différents capteurs scientifiques. La mise au point des matériels de mesure est effectuée par des sociétés spécialisées. La "marinisation" de matériels scientifiques sera réalisée avec le concours des ingénieurs concernés selon les thèmes de recherche. L'acquisition des données sera entièrement automatisée pour éviter au solitaire en course des interventions sur le matériel embarqué. Les données scientifiques acquises seront numérisées et transmises par satellite au PC OceanoScientific Veolia® international qui sera mis en place en parallèle du traditionnel PC Course - Média Center.
En collaboration avec le laboratoire LOCEAN (Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentation et Approches Numériques) et L'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la MER), qui aident l'équipe du Programme OceanoScientific Veolia® à l'origine de ces démarches, sept études de surface sont identifiées pour être traitées à bord des Veolia Oceans®, sous réserve de tests préliminaires : Vent réel - Force et Direction ; Humidité de l'air ; Pression atmosphérique ; Température - Air et Mer ; Salinité de l'eau de mer ; Pression partielle en dioxyde de carbone (pCO2) de l'eau de mer ; Teneur en oxygène dissous dans l'eau de mer.
En complément des matériels qui ne solliciteront aucune intervention du solitaire en course, un équipement de lancement de balises scientifiques sera intégré au tableau arrière des Veolia Oceans®. Dans ce cas, la collaboration du marin sera requise pour déclencher le lancement de la balise. Celle-ci se présente sous forme d'une ogive de trente centimètres de la taille d'une bouteille. Elle est utilisée par les scientifiques : soit en version Température + Pression (Xbt), soit en version Température + Pression + Salinité (Xctd).
Ejectées par le solitaire grâce à un lanceur intégré au tableau arrière de chaque Veolia Oceans®, ces balises couleront pour atteindre environ 1 500 mètres de profondeur. Les informations collectées seront transmises par satellite.
Ces balises seront éjectées dans trois cas précis, à chaque fois à la demande des scientifiques qui piloteront l'Opération OceanoScientific Veolia® du PC international de la SolOcéane : Pour étudier la colonne d'eau à des endroits particulièrement intéressants ou mal renseignés comme sur la zone de convergence subantarctique ; Pour calibrer et valider des flotteurs scientifiques dérivants ou mouillés ; Pour compléter les informations fournies par les Veolia Oceans® qui seront traitées quasiment en temps réel à terre via le PC scientifique international.
Le projet européen Coriolis assurera, par l'intermédiaire de son centre de données, une visibilité mondiale des données collectées par la Campagne OceanoScientific Veolia®.
Initié par le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), l'IFREMER, l'IPEV (Institut Polaire Français Paul-Emile Victor), l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement), Météo France et le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), le projet Coriolis contribue à la création, à l'échelle du globe, d'un système opérationnel de prévision des courants océaniques et des variations climatiques.
En tant que partenaire de la Campagne OceanoScientific Veolia® menée lors de la SolOcéane, Le projet Coriolis assurera la distribution des données vers tous les projets scientifiques qui le demanderont, vers les modèles mondiaux de prévision de la circulation océanique ainsi que vers les centres de calibration / validation du satellite européen SMOS (Soil Moisture & Ocean Salinity).
Une opportunité de la Campagne OceanoScientific Veolia® consiste à ce qu'elle démarre quasiment en même temps que le programme satellite européen SMOS et que son homologue américain AQUARIUS. Le satellite SMOS établira une cartographie à l'échelle planétaire de l'humidité des sols et de la salinité des océans. La salinité des océans et son évolution permettent de suivre les principaux fronts associés aux grands courants marins. Elles donnent surtout accès au bilan d'eau douce qui joue un rôle primordial dans les échanges entre les océans et l'atmosphère. Ce sont ces échanges qui régissent les changements climatiques et le réchauffement de la planète. La salinité peut aussi aider à évaluer le rôle des océans dans le cycle du carbone.
Le lancement de SMOS est annoncé pour 2007 et il serait opérationnel en 2009. Celui d'AQUARIUS est annoncé pour 2009 et il serait opérationnel en 2011. Il s'agira là des premières mesures de salinité jamais réalisées depuis un satellite. Elles devront être calibrées sur des mesures in situ de référence et feront ensuite l'objet de validations poussées, toujours par comparaison avec des mesures in situ.
Fabienne Gaillard, chercheur au Laboratoire de Physique des Océans et scientifique du projet Coriolis confirme que : "Les données scientifiques collectées par les Veolia Oceans® du Programme OceanoScientific Veolia® représenteront une contribution significative aux réseaux d'observation en place. Cette démarche ouvre la voie à la participation de nouvelles communautés à l'observation de notre planète".