Page extraite du site http://www.soloceans.com/

La SolOcéane a été conçue dès son origine, en 2005, avec un volet sportif : la compétition en solitaire autour du monde à égalité de chances et avec un volet scientifique : la Campagne OceanoScientific. Sa vocation est d’aider les scientifiques du monde entier à mieux comprendre l’évolution du phénomène de réchauffement climatique de la planète.
Les monotypes SolOceans ont donc été conçus comme des voiliers OceanoScientific, pour que chaque euro investi dans la SolOcéane participe à la découverte scientifique de notre planète, pour permettre une meilleure connaissance du phénomène du réchauffement climatique et, de ce fait, pour favoriser sa préservation au service de l'humanité.
Les scientifiques du monde entier modélisent l'évolution du climat pour déterminer précisément les causes et les conséquences de son réchauffement. Ces modèles sont parfois sujets à caution, car les données scientifiques validées efficacement font cruellement défaut. La technologie d'observation satellite en ce domaine est d'une très grande aide, car elle permet de surveiller l'ensemble des océans de façon quasi permanente et synoptique. Néanmoins, le nombre des paramètres ainsi accessibles demeure limité.
Pour valider l'exactitude des instruments qui équipent les satellites, les données satellitaires doivent être comparées à des mesures effectuées in situ. Or, ces informations in situ sont : soit très inégalement réparties sur le Globe, avec, notamment, peu de mesures dans l'hémisphère sud (40 % du parcours de la SolOcéane) ; des mesures trop peu nombreuses ; des mesures irrégulières, pas assez fréquentes. Bref, les informations de qualité font défaut aux scientifiques du monde entier.
En collaboration avec L’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la MER), l’INSU-CNRS (Institut National des Sciences de l’Univers - Centre National de la Recherche Scientifique), et METEO FRANCE, l'équipe de la Campagne OceanoScientific a défini son programme d’observation de l’atmosphère et de l’océan. Huit informations identifiées par les scientifiques spécialistes de l’évaluation des facteurs de réchauffement climatique et partenaires de la Campagne OceanoScientific, seront collectées à bord des monotypes SolOceans :
"Le changement climatique est maintenant avéré", explique Fabienne Gaillard, chercheur d’IFREMER au LPO (Laboratoire de Physique des Océans) et responsable du Projet GLOSCAL (GLobal Ocean sea surface Salinity : CALibration and validation) pour SMOS (Soil Moisture & Ocean Salinity). "Pour effectuer des prévisions réalistes de son évolution et en évaluer précisément les impacts il faut être capable de décrire chacun des aspects de ce changement et en comprendre les mécanismes. L'océan est l'une des composantes de ce système et sa surface joue un rôle particulier dans le système climatique. Pour en détecter et en quantifier la variabilité, nous combinons des observations effectuées à distance au moyen de satellites et des mesures in-situ recueillies depuis différents types de supports : navires, bouées dérivantes, stations fixes, engins autonomes. Dans ces conditions, la Campagne OceanoScientific est une réelle aubaine pour nous autres chercheurs."
Dans ce contexte, la flotte des monotypes SolOceans, sillonnant tous les ans dès 2011 des contrées peu explorées où se joue notre avenir climatique, au sud des trois caps continentaux (Cap de Bonne-Espérance - Cap Leeuwin - Cap Horn), peut servir au profit de l'humanité pour mieux comprendre notre planète et donc pour mieux la protéger.
La conception et la réalisation des outillages de coque et de mât du monotype SolOceans intègrent différents capteurs scientifiques. La mise au point des matériels de mesure est effectuée par des sociétés spécialisées. La "marinisation" de matériels scientifiques sera réalisée avec le concours des ingénieurs concernés selon les thèmes de recherche. Les capteurs scientifiques font partie de l’équipement de série et seront donc installés sur chaque monotype SolOceans.
L'acquisition des données sera entièrement automatisée pour éviter au solitaire en course des interventions sur le matériel embarqué. Les données scientifiques acquises seront numérisées et transmises automatiquement par satellite à METEO FRANCE et au centre de données CORIOLIS, un projet européen pluri-organisme auquel contribuent le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), l'IFREMER, l’INSU-CNRS, l'IPEV (Institut Polaire Français Paul-Emile Victor), l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement), METEO FRANCE et le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine). Il constitue l’un des éléments du système opérationnel européen de prévision des courants océaniques et des variations climatiques à l’échelle du Globe.
"La cadence d'acquisition de ces données oscillera entre la minute et l'heure selon les variables", précise Fabienne Gaillard. "Une transmission de la mer à la terre se fera automatiquement vers les centres opérationnels pour une utilisation immédiate : prévisions à court et à moyen terme, prévisions saisonnières, validation des données satellitaires. L'autre partie des informations recueillies en mer sera transmise à des banques de données pour les études du comportement à long terme du système climatique."
CORIOLIS et METEO France garantiront une visibilité mondiale des données collectées par la Campagne OceanoScientific. Ils distribueront les données de la Campagne OceanoScientific vers tous les projets scientifiques qui le demanderont, vers les modèles mondiaux de prévision de la circulation océanique, ainsi que vers les centres de calibration / validation du satellite européen SMOS.
La Campagne OceanoScientific débute dans un premier temps par des opérations en Atlantique Nord (2009 - 2010). Ce démarrage coïncide avec celui du programme SMOS. Le lancement du satellite du programme SMOS par l’ESA (Agence Spatiale Européenne) est en effet annoncé pour l’été 2009. Il s'agira là des premières mesures de salinité jamais réalisées au monde depuis un satellite. Il devra être calibré sur des mesures in situ de référence et fera ensuite l'objet de validations complexes, toujours par comparaison avec des mesures in situ. SMOS établira une cartographie à l'échelle planétaire de l'humidité des sols et de la salinité des océans. La salinité des océans et son évolution permettent en effet de suivre les principaux fronts associés aux grands courants marins. Elles donnent surtout accès au bilan d'eau douce qui joue un rôle primordial dans les échanges entre les océans et l'atmosphère. Ce sont ces échanges qui régissent les changements climatiques et, par conséquent, qui sont le facteur déterminant du réchauffement de la planète.
Jacqueline Boutin, chercheur au LOCEAN (Laboratoire d’Océanographie et du Climat) et Fabienne Gaillard confirment que : "Les données scientifiques collectées par les monotypes SolOceans de la Campagne OceanoScientific représenteront une contribution significative aux réseaux d'observation en place. Cette démarche ouvre la voie à la participation de nouvelles communautés à l'observation de notre planète".
Si IFREMER, l’INSU-CNRS et METEO FRANCE sont les partenaires de la première heure de la Campagne OceanoScientific imaginée par Yvan Griboval, Président de SailingOne et concepteur de la SolOcéane et de son monotype, d’autres grands organismes internationaux sont en train de rejoindre le groupe de travail né en France. Il s’agit aussi bien d’Européens que de Néo-zélandais, compte tenu du fort attachement de la SolOcéane à son escale à Wellington, capitale de Nouvelle-Zélande.