Charles Caudrelier et son équipage composé de Yann Clavier (boat captain) et des spécialistes de la Classe Figaro Bénéteau invités : François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), ont mené Bostik, le premier monotype Veolia Oceans® de la SolOcéane sur le parcours de la quarantième édition de la Rolex Middle Sea Race où ils se sont classés en neuvième position en temps réel sur 77 engagés représentant vingt nations. Ils ont surtout officiellement ouvert la Classe monotype Veolia Oceans® dans le circuit offshore Rolex des plus prestigieuses courses au large internationales (Rolex Sydney Hobart Yacht Race, Rolex Fastnet Race et Rolex Middle Sea Race). Ils sont ainsi récompensés par la première coupe de vainqueur remise à ce titre. Cette distinction est symbolique, mais très importante dans le développement international de cette classe monotype océanique créée pour participer à la SolOcéane (en solitaire) et à des traversées océaniques (en double et à quatre), mais également destinée à s'engager dans les trois épreuves majeures patronnées par Rolex (à quatre). C'était aussi un test d'une grande importance dans le programme de 30 000 milles nautiques de mise au point de la série des monotypes Veolia Oceans® que Bostik bouclera à son retour à Caen (Basse-Normandie) vers le 18 novembre.
A bord de Bostik durant la Rolex Middle Sea Race dans la nuit de l'arrivée à Malte en neuvième position. De gauche à droite : François Gabart, Charles Caudrelier (skipper) et Thomas Rouxel.
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La Rolex Middle Sea Race était une étape importante dans la campagne de tests et de mise au point de la série des monotypes Veolia Oceans® de la SolOcéane. C'était l'occasion d'obtenir des références en matière de vitesse dans des vents légers, c'est-à-dire dans des conditions qui représentent moins de 5% du temps de course dans un tour du monde comme la SolOcéane. Or, comme tous les monotypes Veolia Oceans® seront équipés de voiles North Sails identiques, la question ne se posera pas de savoir si tel ou tel concurrent dispose d'un spi d'une surface supérieure de plus de cent mètres carrés pour une taille de bateau quasiment identique. C'était en effet le cas dans la Rolex Middle Sea Race. Toutefois, dans cette phase de mise au point de la série monotype réalisée par Charles Caudrelier et Yann Clavier, il est utile de se comparer à des voiliers optimisés pour des conditions de navigation différentes, dans le but de recueillir quelques idées qui permettent d'optimiser encore la série des monotypes Veolia Oceans®, sans pour autant céder à une inflation des coûts pour respecter la philosophie générale de ce concept de la SolOcéane et des monotypes Veolia Oceans®. En ces temps de forte crise économique internationale, la stricte maîtrise des coûts garantie aux teams et à leurs armateurs est un atout majeur de cette compétition et de cette nouvelle classe océanique.
"Sous spi au plein vent arrière, dans des vents inférieurs à dix nœuds (force 2), nous sommes vraiment à la peine face aux prototypes très voilés", rapportait Charles Caudrelier à son arrivée à Malte, "surtout avec ce spi que nous avons déchiré sous le bateau dans l'Océan Indien entre Cape Town et Wellington l'hiver dernier et qui est tout rafistolé ! Par contre, dès que nous serrons un peu le vent (vent de travers) nous accélérons et nous doublons beaucoup de bateaux de régate pure. Ensuite, lorsque la brise souffle à 20 nœuds et plus, nous doublons tout le monde, parfois avec un écart de vitesse de plusieurs nœuds, même des prototypes plus grands que notre monotype Veolia Oceans®. C'est assez impressionnant. C'est super !".
Conséquence directe de cette navigation dans les calmes de la Sicile, la surface du Code 0 (une sorte de grand génois léger) va être augmentée. Un spi léger gréé en tête de mât va compléter l'équipement "Racing" de la classe monotype Veolia Oceans®. Sa surface de 290 mètres carrés sera à comparer aux 250 mètres carrés du spi de base. Il sera à utiliser exclusivement en dessous de 12 nœuds de vent. Au-delà il risquera de se déchirer. Déjà, le 8 septembre, lors d'une navigation en baie de Quiberon (Morbihan) avec Michel Desjoyeaux (conseiller technique du monotype Veolia Oceans®) et avec l'équipe de North Sails France, il avait été décidé d'augmenter sensiblement la surface du Solent et de modifier la forme de la grand-voile pour obtenir un gain de puissance par vent faible et vent médium.
Avec les modifications déjà engagées sur le jeu de voiles - sans aucune modification sur le châssis (la coque et le pont) - et ces nouvelles décisions techniques, le monotype Veolia Oceans® va offrir in fine une meilleure homogénéité de performances à toutes les allures et par toutes les forces de vent.Néanmoins, c'est bien dans les brises supérieures à quinze nœuds, qui constituent l'essentiel d'un tour du monde et des traversées océaniques, que le monotype Veolia Oceans® développera le mieux son incroyable puissance de voilier planant.
"J'ai été agréablement surpris en arrivant à bord de Bostik et en naviguant en régate de découvrir que ce monotype Veolia Oceans® est un bateau high-tech facile à mener, avec beaucoup de solutions techniques simples et efficaces", expliquait Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires) à son retour à Malte. "C'est un bateau de compétition océanique hyper accessible quand on vient du monotype Figaro où la manière de naviguer est très différente. C'est une bonne étape pour ceux qui veulent ensuite naviguer sur des prototypes IMOCA 60 plus complexes et plus difficiles. Par exemple, on peut quasiment tout faire à bord sans les bastaques, c'est super ! Cette campagne de tests aussi complète, dans toutes les conditions de navigation et sur une multitude d'océans et de plans d’eau différents, est exceptionnelle. C'est du jamais vu pour mettre au point une série de voiliers de course de cette taille. Cela se traduit par un bateau fiable. On le ressent en naviguant à bord. C'est un bon bateau".
"C'est un vrai bateau de tour du monde qui aime la brise et les conditions musclées. Ça se sent", s'enthousiasmait François Gabart (Espoir Région Bretagne) quelques heures après avoir coupé la ligne d'arrivée de la Rolex Middle Sea Race. "Il a des chevaux et de la puissance, c'est sympa. L'équilibre de barre m'a agréablement surpris, notamment quand le vent forcit et que la vitesse augmente. C'est la garantie de ne pas trop solliciter le pilote automatique en solitaire et de ne pas consommer trop d'énergie en course autour du monde ou en transat. Mon sentiment au sujet de ce monotype Veolia Oceans® est positif. C'est un bateau très marin. On se sent en sécurité". C'est une appréciation d'autant plus importante qu'en pleine nuit Bostik s'est retrouvé dans une situation dangereuse, mais fréquente en Méditerranée et dans le Pot au Noir. Alors que François Gabart et Charles Caudrelier se préparaient sur la plage avant à envoyer le spi dans un vent faible et une mer agitée, un orage d'une extrême violence a couché Bostik par 40 à 45 nœuds d'une brise qui est arrivée en une rafale qui a duré quelques dizaines de minutes. Elle a ensuite tout aussi soudainement cédé la place aux calmes qui ont jalonné le parcours de cette quarantième édition de la Rolex Middle Sea Race 2008. François Gabart concluait son expérience à bord du monotype Veolia Oceans® : "On atteint vite 15 nœuds de vitesse avec seulement vingt nœuds de brise. Ensuite, on accélère".
Après la cérémonie de remise des prix de la Rolex Middle Sea Race, ce week-end à Malte, Bostik mettra le cap sur Caen (Basse-Normandie). Ce sera une navigation test supplémentaire de 2 300 milles nautiques (environ 4 200 kilomètres). Yann Clavier (boat captain) accueillera à cette occasion les navigateurs Franck Ferey et Nicolas Bérenger, au gré d'escales rapides à Lisbonne (Portugal), La Corogne (Espagne) et Brest. Ensuite, Bostik prendra la route du Nautic, le Salon Nautique International de Paris, où il sera exposé devant le hall principal, du 5 au 14 décembre 2008.