Cette fois-ci, Bostik est dans le vif du sujet !
Mardi 19 Février 2008
Une semaine après son départ de Cape Town (Afrique du Sud), Bostik navigue sur l’autoroute des dépressions australes de l’Océan Indien, par 46° à 48° Sud, c’est-à-dire au cœur des Quarantièmes Rugissants, non loin des îles Kerguelen. Cette fois-ci Bostik est dans le vif du sujet ! C’est en effet l’occasion pour Charles Caudrelier et pour Liz Wardley de tester en double le premier monotype Veolia Oceans® dans les conditions exactes pour lesquelles il a été imaginé par Yvan Griboval, puis conçu par Jean-Marie Finot, Pascal Conq et leurs associés du Groupe Finot-Conq, avec le concours de Michel Desjoyeaux, consultant technique dont l’expérience est précieuse. Bostik navigue donc sur le parcours exact de la SolOcéane, cap sur Wellington (Nouvelle-Zélande). Charles Caudrelier, son skipper, découvre ces territoires peu fréquentés et en tire les premiers enseignements.
Le monotype Veolia Oceans® est spécialement conçu pour naviguer dans les fortes brises et les mers hostiles du Grand Sud.
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Photo Jean-Marie Liot - SailingOne
"Liz ne détient plus le record provisoire de vitesse de Bostik avec 24 nœuds", explique Charles Caudrelier. "Nous sommes désormais au-delà de 24,5 nœuds et c’est le pilote automatique qui a établi ce nouveau record. C’est dire si le monotype Veolia Oceans® est stable à grande vitesse ! C’est rassurant pour un navigateur solitaire. Ce bateau est sain dans son comportement. Mais Liz et moi n’entendons pas en rester là et nous laisser battre par le troisième équipier du bord ! "
"On a le rythme, ça se passe bien. On a trouvé les bons réglages par rapport au début du tour du monde. C’est très réconfortant. Maintenant, nous avons pris des habitudes spécifiques à cette navigation dans le train des dépressions. C’est incroyable, elles s’enchaînent les unes aux autres. En Atlantique, quand on a trois dépressions d’affilée c’est exceptionnel. Là elles se succèdent sans interruption. Le monotype Veolia Oceans® accepte la mer forte. Pour l’instant nous n’avons pas eu plus de 40 nœuds de vent réel (force 8). Mais à un moment ou à un autre on va vraiment être confrontés au gros mauvais temps. Il y a d’ailleurs une fin de cyclone qui nous arrive dessus. On va voir ce que cela donne… "
"Jusqu’ici on choisit notre route pour naviguer avec des vents portants de 30 à 35 nœuds. Ce sont les conditions où le bateau va le plus vite - il va vraiment très vite ! - et où la mer est la moins dangereuse. Nous naviguons avec un ris dans la grand-voile et le foc Solent. A chaque dépression nous laissons le pilote barrer et nous demeurons en veille à l’intérieur. Dehors ça mouille de trop et il fait froid. Naviguer comme cela c’est super "safe" et ça va vite ! Nous effectuons des quarts de quatre heures et nous réalisons toutes les manœuvres à deux. Nous avons confiance l’un dans l’autre. C’est rassurant de savoir qu’il y a quelqu’un à la barre quand on est à l’avant."
"Quand le vent ne souffle qu’à 20-25 nœuds réels (force 5-6), nous naviguons avec le spi ou avec le gennaker. Mais dès que nous pouvons nous en débarrasser en les remplaçant par le Solent parce que le vent forci un peu, cela nous rassure. C’est plus cool sans être moins rapide."
"J’ai découvert pour la première fois les albatros. Au début, il y en avait d’énormes. L’un deux faisait plus de 2,50 mètres d’envergure. C’est assez impressionnant. Ils volent très près de nous. C’est vraiment majestueux. Mais ils ne doivent pas être équipés pour voler dans le brouillard, car lorsque nous n’avons plus que 300 à 400 mètres de visibilité dans les dépressions, nous ne les voyons plus. Pourtant, ils ne doivent pas être loin… "
Liz Wardley est déjà venue naviguer dans le Grand Sud. C’était en équipage durant la Volvo Ocean Race 2001-2002. Liz compare : "C'est très différent de se retrouver ici en équipage ou en double. En équipage, même si on était en course, on avait le temps. On essayait toujours de naviguer à fond. On était tout le temps sur le pont. C'était physiquement dur. Ici, on n’est peut-être pas à 100%, mais on pousse bien le bateau. On prend bien plus de plaisir à naviguer en solitaire. Tu es amené à tout faire et tu profites du bateau dans la houle tout le temps. C'est bien”.
Pendant que Bostik progresse dans l’Océan Indien, la première phase du Programme OceanoScientific Veolia® se poursuit, comme l’explique le skipper : "Toutes les données ont été récupérées entre le Portugal et l’Afrique du Sud et continuent d’être enregistrées en ce moment par l’ordinateur de bord. Elles seront transmises puis analysées par les scientifiques qui effectueront un traitement de ces informations".
Bostik navigue actuellement cap au sud-est pour contourner les îles Kerguelen par le nord, respectant ainsi le parcours de la SolOcéane. Ensuite, Charles Caudrelier et Liz Wardley s’engageront encore un peu plus dans le Grand Sud pour raccourcir le parcours qui les mènera à Wellington. Mais ils respecteront une marque virtuelle de parcours commune au Vendée Globe, à la Barcelona World Race et, maintenant, à la SolOcéane. La veille aux icebergs débutera alors à bord de Bostik.
NB - Les moyennes qui figurent sur la page des positions de ce site www.soloceans.com sont calculées par rapport à une route virtuelle directe. La moyenne réelle journalière, c’est-à-dire le calcul de la vitesse moyenne sur 24h00 par rapport à la route effectivement parcourue par Bostik, est donc bien plus élevée. Ainsi, lorsqu’entre deux pointages à heures fixes (entre 6h30 TU le 18 février et 6h30 TU le 19 février, par exemple), Bostik est censé avoir parcouru 347,40 milles nautiques à 14,47 nœuds de moyenne sur 24h00, il a en réalité réalisé plus de 400 milles nautiques à plus de 16 nœuds de moyenne.
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